Vingt ans déjà !

L’ anniversaire de l’ARTA et du plan d’Action Langage. Une bonne date pour faire le point sur ces années de lutte contre les conséquences des troubles des apprentissages. La cible du périmètre considéré chez l’enfant s’est élargie : passant des troubles du langage à ceux du calcul, des praxies, de l’attention. Pour finir par le regroupement de tous les troubles neuro-développementaux, incluant le spectre de l’autisme et les handicaps intellectuels. Avec des résultats mitigés, qui donnent raison à la sagesse populaire : qui trop embrasse mal étreint.

Pour aller plus loin, plus vite, il me parait nécessaire de revenir aux fondamentaux pour les troubles des apprentissages, en se concentrant sur la réduction de la gêne de l’enfant :

  • d’abord la prise en charge à l’école. Il s’agit des interventions pédagogiques dès le repérage d’une difficulté. Celui-ci est facilité par les informations individuelles transmises aux enseignants après le résultat des évaluations recommandées. Quant aux interventions, elles bénéficient du dédoublement des CP-CE1 en REP. En outre, ce soutien pédagogique inclura l’aide aux devoirs en lien étroit avec l’enfant, ses parents, et l’enseignant. Les aménagements, mis en place au cas par cas, aussi longtemps que durent les difficultés de l’enfant, même si on passe à une phase de soins, lui permettront de suivre sa scolarité.
  • un point sur l’évolution des difficultés au bout de 6 mois à 1 an. Il aboutira éventuellement à la définition d’un parcours de soins qui prescrira ce qui est strictement nécessaire à la réduction de la gêne de l’enfant. Et seulement ce qui est nécessaire.
  • un parcours de soins, orthophonique souvent, où d’autres spécialités pourront être appelées à intervenir. L’essentiel, dans ce cas, est de prioriser les soins sur ce qui gêne le plus l’enfant. Un objectif essentiel pour un traitement réellement ciblé, donc efficace. Là encore les résultats devront être suivis avec l’enfant, ses parents et tous les intervenants.
  • au-delà, on passera à du sur-mesure intense. Ce sur-mesure est aujourd’hui plus au stade des intentions qu’à celui du concret. Pour y parvenir, il faut développer des structures de soins et pédagogiques adéquates pour rendre applicable un plan personnalisé. Où les difficultés de l’enfant seront l’objectif, le temps dont il dispose sera pris en compte, les spécialités paramédicales locales et l’appui pédagogique réellement opérationnel seront les ressources disponibles.

En se concentrant ainsi sur les fondamentaux – gêne de l’enfant, peu d’axes de travail simultanés, équipe motivée, suivi permanent – on réduira considérablement le nombre d’enfants en difficultés qui ont besoin de ce sur-mesure complet. Ce qui n’est déjà pas si mal.

Catherine Billard, présidente de l’ARTA


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